Jimmy Pahun | AG 2019 des Iles du Ponant
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AG 2019 des Iles du Ponant

Le vendredi 1er mars 2019,

Monsieur le Président,

Monsieur le Sous-Préfet,

Chers collègues parlementaires,

Mesdames et messieurs les maires

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

            Sarah Bernhardt disait de Belle-Île qu’elle était « un diamant rare irisé par les reflets bleus du ciel et de la mer mêlés ». En vérité, chaque île du Ponant est une perle. Toutes ensemble elles forment une délicate parure qui orne nos côtes de la Normandie à la Charente.

Cela grâce à vous tous, dans l’accomplissement de vos responsabilités et de vos mandats respectifs. Vous qui poursuivez le long et beau travail de mise en valeur des territoires insulaires. Grâce à vous les îles du Ponant vivent et se développent avec – je le remarque et je le souligne – des projets novateurs et ambitieux en matière de transition écologique mais aussi d’agriculture. Les caractéristiques propres aux îles, leur éloignement et leur superficie réduite, favorisent l’éclosion de tels projets. Elles les rendent nécessaires.

Je voudrais d’abord insister sur la vitalité économique des îles du Ponant. Car je suis impressionné de voir les activités anciennes prospérées et de nouvelles se créer. L’agriculture est le terrain privilégié de ces transformations : elle a ainsi fait son retour sur l’île d’Arz avec l’arrivée de jeunes éleveurs ; de même, des vignes y ont été établies alors que jusqu’à maintenant seule l’île d’Aix produisait du vin.

Comme nous tous, je suis convaincu de la grande valeur ajoutée des activités primaires pour le tissu économique local. C’est la raison pour laquelle j’ai défendu une proposition de loi visant à mieux prévenir les changements de destination des bâtiments agricoles et de cultures marines – en particulier conchylicoles – en zone littorale. Ces activités sont trop précieuses, nos paysages également, pour que nous les laissions disparaitre. L’ensemble de la Représentation nationale en est convaincue puisque ma proposition de loi a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée. Elle sera examinée la semaine prochaine au Sénat avant de revenir à l’Assemblée, je l’espère rapidement pour son adoption définitive.

En matière d’agriculture, les îles peuvent être autonomes et exemplaires. Ce sont là des objectifs compliqués mais très importants. Nous avons sur nos îles toutes les raisons de s’y lancer et tous les talents pour y parvenir. Il me faut saluer, à cet égard, la détermination des agriculteurs, des élus et des habitants. Une détermination qui s’exprime notamment dans la réalisation en commun de projets pour une agriculture durable et profitable directement aux îles. Belle-Ile-en-Mer est un bel exemple de ce qui se fait de mieux en la matière. Je souhaite, pour ma part, et si je puis être utile, soutenir ces évolutions : nous devions ainsi organiser une rencontre ce mois-ci avec les élus de Belle-Ile et M. Olivier Allain, le vice-président de la Région Bretagne en charge de l’agriculture afin d’accélérer cette dynamique. La visite de M. Allain a finalement dû être repoussée mais le travail continue.

En outre, je suis tenté d’avoir un mot pour la pêche professionnelle. Car c’est un secteur qui profite toujours à certaines îles du Ponant. C’est une activité qui ne doit pas non plus disparaitre et s’établir uniquement sur le continent. D’autant que les îles accueillent les formes de pêche les plus durable et de grande qualité. Je pense notamment aux ligneurs dont le métier produit une vraie valeur ajoutée et que je veux soutenir à l’Assemblée. La profession m’a récemment alerté sur la question de la pêche au bar et depuis je m’efforce de travailler avec le Ministère de l’Agriculture pour que l’on puisse aboutir à une solution efficace et consensuelle.

Il existe un autre domaine dans lequel les îles du Ponant démontrent avec force leur souci de l’avenir et leur intention d’œuvrer à un monde meilleur : c’est celui de la transition énergétique. Vous vous êtes fixés des objectifs remarquables. Vous avez positionné vos territoires à l’avant-garde de la lutte contre toutes les formes de pollution et contre le réchauffement climatique. J’admire ainsi les efforts des îles de Sein, Ouessant ou encore Molène pour sortir de leur dépendance au fioul. Je crois profondément en la vertu des énergies renouvelables et en particulier marines. Avec certains de mes collègues parlementaires, nous n’avons eu de cesse de plaider en ce sens ces derniers mois afin que le Gouvernement intègre dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie des objectifs ambitieux en matière d’éolien offshore. Les chiffres qui ont été dévoilés reflètent une amélioration – il est prévu pour la Bretagne un appel d’offre d’un parc éolien flottant de 250 MW d’ici 2021 – mais je reste persuadé que c’est une énergie dont il nous faut encore davantage encourager le développement. Je crois également dur comme fer au potentiel de l’hydroélectricité : les îles seraient les premières à profiter de l’énergie hydrolienne du fait de la force des courants marins qui s’y déplacent.

Les enjeux de la transition énergétique sont intrinsèquement liés à ceux des mobilités. Là encore les îles se distinguent : je remarque avec intérêt la multiplication des voitures électriques sur l’île d’Yeu mais aussi celles qui seront mises en autopartage sur Belle-Ile. Le projet de loi d’orientation des mobilités est actuellement examiné par les sénateurs et le sera à l’Assemblée à la fin du mois de mai. Dans cette perspective, avec Denis Bredin, nous travaillons pour faire en sorte que la singularité des territoires insulaires soit prise en compte dans le texte.

Député de la Nation, d’une nation dont j’affirme le caractère maritime, j’ai une sensibilité particulière pour le devenir des îles. Les enjeux que je viens d’exposer sommairement relèvent d’une question plus large : celle de la conciliation entre la promotion du dynamisme de nos îles et la préservation de leurs paysages et de leurs identités. En somme, nous est-il possible de saisir à pleines mains les formidables opportunités de notre siècle sans jamais renier ce que nous sommes ? C’est-à-dire, être tout à la fois conscients de nos responsabilités nouvelles et soucieux de nos héritages. Cette question s’est imposée à moi l’année dernière, lorsque l’occasion nous a été donnée de revoir le droit de l’urbanisme applicable en zone littorale. La problématique des « dents creuses » devait trouver une réponse à travers la loi ELAN, notamment pour renforcer la clarté de la norme – afin de sécuriser élus et particuliers – et permettre de construire dans les hameaux déjà suffisamment denses et structurés. La difficulté était de trouver un équilibre avec la protection des paysages littoraux : cette préoccupation était pour moi fondamentale. Je crois que nous y sommes parvenus.

Cette conciliation entre développement et environnement vous l’opérez vous-même au quotidien sur vos îles respectives. Je veux saluer, par exemple, le formidable travail d’information et de responsabilisation réalisé par la mairie de Houat. Madame VIELVOYE, maire de Houat, promeut un tourisme durable pour préserver la ressource en eau de l’île. De nouvelles habitudes de consommation, plus économes, que l’ensemble des Français devraient adopter alors que les effets du réchauffement climatique se font plus concrets chaque année.

J’aimerais, pour finir, avoir une pensée pour Christian Bonnet, fondateur de l’association, et à travers lui, rendre un hommage appuyé aux élus des îles du Ponant. Après un an et demi de mandat parlementaire, je ne peux que regarder le parcours de M. Bonnet avec humilité et reconnaissance. Tant de dévouement et de temps passé au service de la Nation et des territoires insulaires suscite le respect. A l’heure où les citoyens sont de plus en plus nombreux à regarder les élus avec défiance, il est bon de rappeler les valeurs qui président à l’engagement de chacun d’entre eux.

Mesdames et Messieurs les élus, je vous dis, donc, ma profonde admiration et vous exprime toute ma gratitude pour l’action que vous menez au service de la communauté.

Je vous remercie,

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