Jimmy Pahun | Reconstruire et réconcilier la France des territoires
territoire, ruralité, innovation, développement
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Reconstruire et réconcilier la France des territoires

J’ai signé avec mon groupe MoDem une tribune pour dire à tous notre vision de la réussite de la France des territoires !

« Nous, parlementaires MoDem, croyons en l’avenir des territoires, en leurs capacités d’innovation et en leur potentiel de développement. Nous sommes convaincus que l’identité et l’avenir de notre nation se jouent tout à la fois dans la ruralité, la rurbanité, les quartiers oubliés de nos métropoles.

Et parce que telle est notre histoire politique, nous ne laisserons pas les démagogues de la ruralité, les bonimenteurs des territoires, obérer l’avenir de millions de Français.

Ceux qui, à gauche et à droite, font désormais profession de défendre la ruralité et les territoires ont passé des années au pouvoir sans autre vision stratégique que celle de la calculette et des idées toutes faites. Ils n’ont jamais su répondre aux défis de l’agriculture, de notre tissu industriel et artisanal, de la mutation des modes de vies, des mobilités, de l’évolution des services publics ou des défis environnementaux.

«Grands diseux, petits faiseux» comme on dit. Ils portent de fait la responsabilité du traumatisme territorial qu’ils dénoncent aujourd’hui.

En instrumentalisant les territoires par calcul politicien, ils ne proposent finalement que de nous renvoyer aux images d’Epinal et à une culture de repli contre le monde urbain. Le Président de la République a dit: «La ruralité ne doit plus être une variable d’ajustement budgétaire». Pour notre part, nous disons à tous les cyniques que la ruralité n’est pas une variable d’ajustement électorale.

Nous, membres de la majorité, voulons mettre en œuvre tout au long de ce quinquennat un profond changement qui permette à tous les territoires de se développer à nouveau, de retrouver des perspectives et finalement de renouer avec la confiance.

Et pour ce faire, la révision constitutionnelle sera le premier levier. Son volet de «différenciation territoriale» peut enfin rendre, dans une vision moderne de la décentralisation et de la démocratie locale, du pouvoir aux acteurs locaux. Liberté de s’organiser entre collectivités, liberté d’adapter certains cadres juridiques nationaux aux réalités locales, liberté d’expérimenter sans obligation de généraliser. Liberté de rompre avec trente années de visions très jacobines de la décentralisation.

Assumons l’idée que l’on ne peut traiter les questions de l’eau, de transports, les enjeux de l’espace ou des services publics… de la même manière à Mende, à Lille ou à Forbach. Que certaines organisations ou actions peuvent être efficaces dans la Creuse et ne pas l’être en Mayenne, en Île de France ou en Outre-Mer.

La République est une et indivisible mais la France est diverse et son organisation territoriale doit être différenciée pour être plus efficace.

Cette nouvelle approche passe également par un État qui assume enfin ses responsabilités et ne vienne plus contrarier les initiatives locales. Un État qui porte de grandes politiques sectorielles de l’agriculture, du commerce et de l’artisanat, de l’ambition industrielle territorialisée.

Aujourd’hui, alors que l’emploi repart, il reste trop inégalement réparti dans des zones qui ont le sentiment de rester à l’écart de la croissance. Comment l’accepter ?

Nous avons pourtant des savoir-faire, des histoires et des identités économiques: nous avons la capacité de capter les fruits de la croissance si l’État nous regarde enfin, et accomplit ainsi la promesse du Président de la République d’une France réconciliée.

Implantations économiques, politique de l’énergie, nouvelles mobilités, doivent constituer les piliers d’un nouvel aménagement du territoire. Un État stratège, aux côtés de ceux qui entreprennent, qui sorte de la logique du laisser-faire, du laisser-aller, de la résignation.

Souhaiter la réussite de la France des territoires, c’est montrer ce qui réussit déjà. Les acteurs de terrain ne sont pas restés les bras croisés. Dans les domaines de la culture, de l’éducation, du développement économique, du maintien des services et des mobilités, des solutions de proximité sont à l’œuvre et fonctionnent. Souvent grâce à l’innovation locale.

Et parce que nous portons en premier lieu la fierté de tous ces territoires, de tous leurs élus et de ceux qui y résident et les font vivre, nous défendrons inlassablement leurs succès. En nous saisissant du débat en tous lieux, nous montrerons ce qui est bien, pour partager des exemples à suivre, et nous lutterons contre ceux qui, par leurs expressions blessantes ou leurs dénigrements, fragilisent tout avenir et ruinent finalement tout espoir pour la France territoriale.

Les 47 députés du groupe MoDem que nous constituons, avec nos expériences diverses, avec notre ancrage, avec cette volonté de se saisir de toutes les occasions offertes dans le débat public, avec la force de notre histoire locale, entendons prendre toute notre part dans la reconstruction des territoires.

47 députés pour identifier les difficultés, mettre en évidence les réussites, rechercher les différenciations territoriales à proposer. Pour écouter et débattre, pour dialoguer sans démagogie mais avec simplement le regard de ceux qui aiment ces villages, ces quartiers, ces pays, qui y vivent et ne comptent pas s’en servir de faire-valoir.

Qui entendent porter cette attention, cette lucidité et cette ambition.

Et qui pensent que notre majorité a une chance historique de reconstruire et réconcilier la France de tous les territoires. »

 

Découvrez la tribune signée par les 47 députés du groupe Mouvement Démocrate et apparentés, disponible aussi sur le site du Figaro Vox.

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