Jimmy Pahun | Brec’h honore la Résistance
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Brec’h honore la Résistance

Cérémonie du 25.05.2019 d’inauguration de la place Simone Veil de Brec’h et de la Journée Nationale de la Résistance

« Il y a près de 75 années, non loin d’ici, la rivière d’Etel marquait encore la frontière séparant la France libérée de celle toujours occupée par les Nazis. Cette rivière enchanteresse est devenue le mur froid et intransigeant de l’arbitraire : séparant une France de joie, d’espoir et de soulagement d’une autre encore oppressée, opprimée et abandonnée. Le formidable élan de Libération de l’été 1944 avait malheureusement, dans sa hâte, omis certains territoires occupés. Orgueil d’un Reich qui se voulait millénaire, la poche de Lorient a été occupée par les Allemands au-delà même de l’anéantissement de l’Allemagne nazie.

Mais c’est grâce à la résilience, à l’abnégation et au courage de nos Résistants bretons que le 7 mai 1945 les nazis quittèrent définitivement nos terres. Rémy Guillevic fut de ceux–là. A 17 ans à peine, il s’engage aux côtés de ceux qui refusent l’humiliation, qui excluent la soumission. Au sein du 4e bataillon FFI du Morbihan, le jeune Guillevic fait front aux Allemands qui tentent de rejoindre la base fortifiée de Lorient. Il lutte avec ses camarades, creuse des tranchées, érige des gourbis. Alors que la France crie Victoire et s’embrasse dans la lumière, d’autres résistent encore dans l’ombre, loin de la gloire et des confettis de joie. La persévérance, le courage et la ténacité de ces femmes et de ces hommes auront marqué l’Histoire. Et nos terres morbihannaises en ont vu naitre des héros de la République, refusant l’innommable.

Margot Caudan, dont la présence nous honore aujourd’hui, a elle aussi lutté contre les injustices, le triomphe de l’arbitraire, et le règne de la cruauté. D’abord contre le régime franquiste puis le régime nazi, avec son mari, au sein de la Résistance. A la tête d’une imprimerie, elle alimente alors le réseau de communication dans la clandestinité. Margot est arrêtée et écrouée en 1943 et ne sera libérée qu’à la Libération. Après avoir survécu à la cruelle tyrannie, Margot continue de refuser la négation de l’Homme et accomplit son devoir de « passeur de mémoire » comme elle l’aime le rappeler. « La Résistance c’est toute la vie ; l’injustice est toujours présente » déclare-t-elle. Aujourd’hui, nous ne pouvons que lui donner raison. Continuons de faire de la tolérance et de la fraternité une bannière universelle.

Car notre devoir de mémoire s’accomplit justement dans un devoir de vigilance. Une vigilance face aux forces obscures qui nient la richesse de l’union et de la cohésion. Une vigilance face à ceux qui rallument les lueurs tentatrices de l’égoïsme et de la division. Tendons l’oreille à Simone Veil en cette place qui porte son nom. : « Venus de tous les continents, nous appartenons tous à la communauté des hommes. Nous devons la défendre non seulement contre les forces de la nature qui la menacent, mais encore davantage contre la folie des hommes ». Alors, honorons la mémoire des morts et des vivants mais plus encore défendons vigoureusement les valeurs de solidarité et d’humanité qui sont les nôtres. Incarnons à notre tour les artisans de la paix d’aujourd’hui et de demain.

Ensuite viendra le repos et la douceur d’une retraite que Germaine Tillion a su trouver sur la côte morbihannaise, à Plouhinec. Dans ce havre de paix, elle s’est consacrée à son travail d’ethnologue, à la recherche de la vérité et à faire vivre son engagement de toujours

Aujourd’hui, à notre tour de prendre avec intelligence le recul nécessaire. Ne préférons jamais les réactions sensibles aux réflexions sensées. A notre tour d’honorer cette terre de Résistance, ces femmes et ces hommes qui ont lutté sans relâche pour que la justice prime sur l’arbitraire, pour que la cohésion triomphe de la division.

Vive l’Europe, vive la République et vive la France ! »

Jimmy Pahun

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